Vivre et mourir en Amérique

Vivre et mourir en Amérique

ABONNÉS • En plus des centaines de milliers de décès qu’elle a provoqués directement, la Covid-19 aggrave les déséquilibres économiques qui minent la vie et la subsistance des Américains les plus défavorisés. La pandémie finira bien par être maîtrisée. Mais qui peut prédire la fin de l’épidémie de désespoir ? (paru dans SAY 4, 2e trim. 2021)

Le capitalisme américain ne bénéficie qu’à une minorité aux États-Unis. Tandis que les élites instruites vivent une existence plus longue et plus prospère, les Américains moins éduqués – qui représentent deux tiers de la population – meurent plus jeunes, et peinent sur le plan physique, économique et social.

Cette fracture croissante entre les titulaires d’une licence universitaire et les non-diplômés s’inscrit au cœur de notre dernier livre intitulé Morts de désespoir, l'avenir du capitalisme. L’augmentation de la mortalité que nous décrivons concerne presque exclusivement les non titulaires du baccalauréat, une qualification qui tend également à diviser les individus en matière d’emploi, de rémunération, de morbidité, de mariage et d’estime sociale – autant de clés d’une existence heureuse.

La pandémie due à la Covid-19 s’opère de la même manière. De nombreux professionnels instruits ont été en mesure de travailler à la maison – se protégeant et préservant ainsi leur salaire – tandis qu’un grand nombre de travailleurs dans le domaine des services et de la vente au détail ont perdu leur emploi, ou se sont retrouvés exposés à un risque professionnel plus élevé. Lorsque l’heure de faire les comptes sera venue, il ne fait aucun doute que les vies et les salaires perdus se diviseront globalement selon cette même ligne de fracture liée à l’éducation.

Nous espérons que vous appréciez SAY.

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