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« Une pièce qui n’est pas jouée n’existe pas »

Les confinements successifs depuis un an ont causé de sérieux préjudices à la culture et à son mode de consommation. Philippe Claudel, membre de l’académie Goncourt, prix Renaudot 2003, César du meilleur premier film en 2009, mais également metteur en scène de théâtre, vibre au centre des préoccupations de la sphère culturelle. Il nous livre ses impressions sur la sortie de crise, entre espoir et inquiétude. 
(paru dans SAY 5, 3e trim. 2021)

SAY : Votre appel « Libraires, de grâce désobéissez » lancé en septembre n’a pas été entendu tout de suite, mais les restrictions ont été assouplies par la suite. Quelles ont été leurs conséquences sur le marché du livre ?

PHILIPPE CLAUDEL : Ça me paraissait crétin que les librairies et plus généralement la culture soient considérées comme des commerces non essentiels. On pouvait mettre en place des règles sanitaires pour laisser les librairies ouvertes. Mais mon appel a été curieusement reçu, notamment par les libraires qui ne voulaient pas tous rouvrir dans des conditions restreintes.

Ces dernières étaient économiquement non viables et pouvaient les empêcher de bénéficier des aides. Certains n’ont pas voulu reproduire cet appel. Nous vivons une époque de la peur. On dit que les libertés se restreignent, mais j’ai l’impression que ce sont les gens eux-mêmes qui s’infligent ces restrictions. Finalement, le secteur s’est plutôt bien porté. Mais les grands gagnants dans l’affaire restent Amazon et les grandes plateformes.

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