Retour à la ruralité Le village de Chamery, en Champagne.

Retour à la ruralité

ABONNÉS • Alors que l’on constate depuis des décennies une accélération de l’exode rural et une tendance à l’ultra-métropolisation, la pandémie vient rebattre les cartes et insuffle – en particulier chez les jeunes – un regain d’intérêt pour la ruralité et une envie de retour aux racines et à la nature. Cette tendance a aussi pour effet de stimuler l’innovation et mobiliser les talents qui contribuent à redynamiser les campagnes et la périphérie des grandes villes (paru dans SAY 4, 2e trim. 2021).

Face au défi de la croissance démographique, des inégalités qui se creusent et de l’urgence écologique, une économie nouvelle est à inventer, en lien avec des modes de vie qui évoluent vers la recherche d’une meilleure qualité de vie. Les territoires ruraux, longtemps négligés et sous-estimés, ont tous les atouts pour être au centre de cette révolution à venir. Mais pour que cette promesse advienne, il faut changer de paradigme en matière d’aménagement du territoire et favoriser la complémentarité plutôt que l’opposition entre les villes et les campagnes.

Depuis deux siècles, l’humanité tend vers une métropolisation du monde inexorable, sans retour en arrière possible. Aujourd’hui, plus de 50 % de la population mondiale est urbaine. En France, 80 % de nos concitoyens vivent dans les villes. Il est vrai que la ville a été le creuset historique des libertés, de l’épanouissement individuel, des échanges, de l’ouverture à l’autre et du brassage des cultures. On quittait la campagne pour aller en ville, s’en sortir, s’accomplir économiquement et socialement, être indépendant, vivre sa sexualité. Ultime aboutissement, la grande ville connectée du XXIe siècle nous est aujourd’hui présentée comme le summum de l’accomplissement humain, une sorte de fin de l’histoire. Elle est le lieu des possibles, où chacun peut trouver sa place, un lieu de brassage multiculturel où exprimer ses compétences et accomplir ses rêves. Hors de la grande ville, point de salut !

Changer de vie

Pourtant la pandémie mondiale est venue ébranler ce dogme parce qu’elle a brutalement accéléré une tendance de fond : l’ultra-métropolisation française rencontre un puissant mouvement contraire qui émane de la société civile en faveur d’une vie à l’extérieur des grandes villes. Ainsi, dès 2018, selon une étude de l’Ifop, vivre à la campagne représentait le mode de vie idéal pour plus de 80 % de nos compatriotes. Un attrait particulièrement prononcé chez les jeunes Français : 60 % des moins de 25 ans déclaraient que le monde rural est attractif. Les raisons de ces préférences sont prévisibles, tant elles constituent l’envers de la métropole mondialisée : pollution, coût de la vie, stress, mais aussi volonté de renouer avec la nature, sa région d’origine, ou bien envie de contribuer à revitaliser le milieu rural…

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