shutterstock_1043402725_OK © tugolukof - Shutterstock

Répondre à l'aggravation alarmante des inégalités femmes hommes

Alors que le monde sort progressivement de la pandémie, la crise a exacerbé les inégalités en touchant de manière disproportionnée les femmes, en première ligne de la lutte contre la Covid-19. 
(paru dans SAY 5, 3e trim. 2021)

Les premiers chiffres sont alarmants : depuis le début de la pandémie, 47 millions de femmes supplémentaires sont tombées dans l’extrême pauvreté, 12 millions n’ont pas pu avoir accès à la contraception, 11 millions de petites filles pourraient ne plus retourner à l’école à la levée des mesures. L’augmentation moyenne de 30 % des violences domestiques durant les confinements successifs a déclenché une pandémie de l’ombre. La situation, déjà préoccupante face à la montée des conservatismes remettant en cause un certain nombre d’acquis, nécessite désormais une mobilisation et une action collective urgente. Le risque de recul est réel et ne doit pas être minimisé, comme nous l’a rappelé la récente sortie de la Turquie de la Convention dite d’Istanbul, la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. C’est pourquoi, malgré les chamboulements de l’agenda international, le Forum Génération Égalité, reporté d’un an, s’est déroulé à Paris du 30 juin au 2 juillet 2021. Initié par ONU Femmes, co-présidé par la France et le Mexique, il a réuni pour la première fois des chefs d’État et de gouvernement, des organisations internationales, la société civile et le secteur privé pour prendre des engagements concrets et accélérer l’égalité femmes-hommes sur les cinq prochaines années. Il s’agissait du rassemblement féministe mondial le plus important depuis la quatrième Conférence mondiale de l’ONU sur les femmes tenue à Pékin en 1995. 189 États y avaient adopté par consensus la Déclaration et la plateforme d’action de Pékin, les textes de référence les plus complets pour la défense des droits des femmes à l’international à ce jour. 30 000 activistes de la société civile du monde entier s’étaient réunies simultanément dans un Forum des ONG, prouvant déjà l’importance du travail multi-acteur.

Un plan international et ambitieux

À Paris, les participants ont lancé un nouveau Plan mondial d’accélération pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Ce plan est structuré autour de six coalitions d’action, des partenariats regroupant États, organisations de la société civile et secteur privé autour d’une des six thématiques prioritaires : les violences faites aux femmes, les droits et santés sexuels et reproductifs (dont la France fait partie des États champions), la justice et les droits économiques, l’action féministe pour la justice climatique, les mouvements et le leadership féministes et les technologies et l’innovation au service de l’égalité femmes-hommes.

Certains enjeux n’étaient pas encore identifiés en 1995, notamment les enjeux liés aux nouvelles technologies. Il s’agit désormais d’agir pour encourager plus de femmes à étudier les STEM et travailler dans le numérique, réduire la fracture numérique entre les femmes et les hommes et protéger les femmes des nouvelles formes de cyberharcèlement. D’autres enjeux ont été aggravés par les conséquences de la pandémie. La crise de la Covid-19 a mis en exergue la surreprésentation des femmes parmi les personnels soignants (67 %) et, plus généralement, le travail précaire ou non rémunéré du « tare ». Les femmes ont été également plus touchées par la crise économique dans les pays en développement où elles représentent 70 % du secteur informel. Les champions de la coalition d’action sur la justice et les droits économiques ont pris des engagements pour améliorer la reconnaissance économique et l’environnement juridique de ces femmes. Durant les cinq prochaines années, ils agiront également pour améliorer l’accès des femmes aux ressources économiques, notamment la propriété des terres ou des entreprises. Alors que les sociétés du monde entier se reconstruisent après la pandémie, un appel au développement de plans de relance sensibles au genre a été lancé.

Nous espérons que vous appréciez SAY.

Pour continuer votre lecture, abonnez-vous.

S'abonner

https://www.say.media/Zxik4Zw