Pourquoi la menace populiste persiste - icono 1 © Kianoush Ramezani

Pourquoi la menace populiste persiste

Si l’antiélitisme est un pilier du populisme moderne, il n’est pas surprenant que les populistes soient arrivés au pouvoir à une époque où les inégalités de revenus et de richesses sont en pleine expansion. Mais le récit populiste du type « eux » contre « nous » ne se limite pas à un conflit entre les riches et les pauvres.
(paru dans SAY 5, 3e trim. 2021)

La fin de la présidence de Donald Trump semble résonner comme un signe avant-coureur de la fin du populisme. L’assaut du Capitole américain qu’il avait incité le 6 janvier n’était guère plus qu’un ultime soubresaut de sa présidence. Pourtant, il y a de nombreuses raisons de penser que le populisme va persister et peut-être même gagner du terrain dans les mois et les années à venir. Ce mouvement a le vent en poupe : il s’est renforcé dans les économies avancées depuis le début du siècle et a reçu un sérieux coup de pouce de la crise financière mondiale de 2008. Mais c’est en 2016, avec le vote du Brexit au Royaume-Uni, puis la victoire électorale de Trump aux États-Unis, que le populisme a commencé à dominer le discours politique occidental.

À cette époque, le Premier ministre populiste de droite hongrois, Viktor Orbàn, était au pouvoir depuis plus de six ans. Le parti polonais Droit et Justice (PiS), dirigé par Jaroslaw Kaczyriski, contrôlait le gouvernement du pays depuis un peu plus d’un an et suivait souvent le mode d’emploi illibéral d’Orbàn. En Grèce, une coalition de populistes de droite et de gauche avait émergé à la suite de l’impasse de la dette du pays avec l’Union européenne en 2015.

Après 2016, le soutien aux populistes à travers l’Europe est passé à la vitesse supérieure. Bien que Marine Le Pen – et son parti – ait perdu l’élection présidentielle française de 2017, elle est néanmoins parvenue au second tour contre Emmanuel Macron. Plus tard dans l’année, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite, a remporté 12,6 % des voix aux élections fédérales et est entré au Bundestag pour la première fois avec 94 sièges. L’AfD, sur laquelle l’agence allemande de renseignement intérieur s’apprête à enquêter en tant que menace possible pour la démocratie, reste le principal parti d’opposition du pays. Les partis d’extrême droite en Finlande et en Suède occupent désormais respectivement les deuxième et troisième places.

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