Pour un Bretton Woods de la santé (1)

Pour un Bretton Woods de la santé

ABONNÉS • La pandémie de Covid-19 est une rude démonstration, avec ses morts à l’appui, de la précarité de notre mode de vie. Nous avons réalisé sur les vaccins des progrès remarquables, et une nouvelle administration aux États-Unis permet d’espérer une coopération multilatérale renouvelée. Mais l’avenir restera chargé de menaces pour notre santé, voire notre existence même : de nouvelles pandémies, la crise climatique, un conflit nucléaire… (paru dans SAY 4, 2e trim. 2021)

Le virus a tué plus de deux millions de personnes et semé dans le monde la dévastation économique. Si le lancement des vaccinations en masse offre à certains une lueur d’espoir, la plus grande part de la population mondiale demeurera pendant un certain temps sans protection. La décision du président des États-Unis, Joe Biden, de réintégrer son pays à l’Organisation mondiale de la santé marque le signal, bienvenu, d’un nouvel engagement de l’Amérique en faveur du multilatéralisme, tout comme son réengagement au sein de l’initiative Covax pour une distribution équitable des vaccins. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a néanmoins averti que faute d’en faire plus pour garantir une production et une distribution des vaccins contre la Covid-19 conforme aux principes de la couverture sanitaire universelle nous courons vers un « échec moral catastrophique ».

Nous devons, pour venir à bout de la Covid-19 et nous équiper en prévision des prochaines urgences sanitaires, reconstruire la politique de santé publique mondiale sur trois piliers principaux : la préparation aux pandémies futures, la mise en place de la couverture sanitaire universelle aux plans national et mondial, et l’encouragement à des sociétés plus saines par la mise en place de mesures holistiques et par le développement social.

Combattre le court-termisme et le nationalisme sanitaire

Ce programme n’a rien de révolutionnaire ni d’excessivement compliqué à mettre en œuvre rapidement et à grande échelle. Certains pays ont su réagir efficacement à la pandémie – notamment la Thaïlande et le Vietnam, qui n’ont subi à eux deux qu’une centaine de morts de la Covid-19 – et mettent déjà en œuvre ce type de stratégie. Le défi, comme toujours, est de joindre l’acte à la parole, et de nous assurer que nos efforts sont correctement financés et conçus pour ne pas négliger les besoins des populations les plus pauvres et marginalisées. Nulle part, cela n’est plus essentiel que pour ce qui concerne la politique vaccinale.

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