shutterstock_1732570895 Les crédules peuvent croire en des solutions miracles, ou d’autres «vérités » alternatives. Ils peuvent nier certaines réalités ou réécrire l ’histoire. Il n’y a pas de planète B, et les poissons ne se déplacent pas en ballons dirigeables .

Pas de transition à petits pas

La capacité à mobiliser les foules par le déni ou le mensonge est consternante. Force est de constater que des forces de destructivité de la société sont mobilisées. Dans le même temps, beaucoup de dirigeants entretiennent le déni sur l’urgence climatique. Un « consensus en creux » devra au plus vite ouvrir de nouvelles voies. (paru dans SAY 5, 3e trim. 2021)

Depuis quelque temps, nous voyons s’amplifier des formes de destructivité de la société. Difficile d’imaginer plus grande dérive, par exemple, que le soutien apporté par un grand parti classique, les Républicains aux États-Unis, au délire électoral de Trump, rejetant le fondement même du jeu démocratique. L’appui à de telles positions ne saurait se comprendre indépendamment du délitement général de la confiance, sans laquelle il n’est plus de vie en société possible. La montée des complotistes de tous bords ne laisse pas d’inquiéter, d’autant plus que, en parallèle, on assiste à des manipulations de l’opinion par l’utilisation récurrente de fausses informations, plus diffuses que le seul mensonge trumpien. Et d’autres idéologies continuent de prospérer. Le complotisme tel que constaté ici ou là n’est pas sans rappeler 1903, année de la publication des Protocoles des sages de Sion, ce faux attribué à la police politique du Tsar Nicolas II. Celui-ci soutenait la thèse d’un vaste complot judéo -maçonnique visant à dominer le monde. Il inventait de toutes pièces l’existence d’un projet d’anéantissement de la chrétienté par la violence, prétendument issu de réunions secrètes tenues par un « conseil de sages juifs ». Hitler y fait référence dans Mein Kampf. Il a exploité cet argument du complot juif jusqu’à élaborer sa sinistre « solution finale ».

On peut parler ici d’un « complotisme de masse ». Or il semble que nous y soyons de nouveau, ou presque. Il suffit de songer à ces idéologies frisant le délire comme le platisme, qui soutient que la Terre est un disque plat ; mais aussi le complotisme de ces activistes américains d’extrême droite proches de QAnon Shaman, le « Loup de Yellowstone » (Jake Angeli, de son vrai nom), accusé de complicité de meurtre dans l’attaque du Capitol du 6 janvier 2021. Leur héros n’était autre que Donald Trump. À côté de ces complotistes, mentionnons les « récentistes ». Une de leurs figures de proue s’appelle Garry Kasparov, le champion russe de jeu d’échecs. Il a reformulé, à sa manière, une théorie circulant dans la Russie révolutionnaire des années 1920 selon laquelle l’histoire officielle compterait plusieurs siècles en trop… Ses adeptes invoquent des répétitions d’évènements dans la Bible ; ils dénoncent l’adoption du calendrier grégorien qui aurait « faussé » la chronologie de l’histoire ! Le Moyen-Âge, la Renaissance ne se seraient pas déroulés comme on l’enseigne partout, etc.

Mentionnons également ceux qui pensent que l’humanité est constituée d’« humains-reptiliens » manipulés à distance par des extraterrestres. Ajoutons-y d’autres courants fondés sur le déni comme celui des « créationnistes » qui se déclarent opposés à la théorie de l’évolution de Darwin. S’il est vrai qu’elle ne satisfait pas totalement aux avancées scientifiques du siècle écoulé, elle ne suffit pas à justifier un retour à une lecture littérale du Livre de la Genèse. Toute espèce animale ou végétale aurait été originellement et individuellement créée par Dieu ex nihilo.

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