Nye ITW - 1849536304 Novembre 2020 Washington DC. Élections présidentielles .

« Notre politique étrangère dépend de notre puissance morale »

Donald Trump laisse un lourd héritage à l’administration Biden. Le nouveau président aura fort à faire pour la reconstruire l’appareil d’Etat et notamment le département d’Etat, remettre de l’éthique et de la morale au coeur de la politique, et retrouver le chemin du consensus et de l’unité pour les Américains.

SAY : Vous avez écrit en septembre que l'attrait électoral de Donald Trump pourrait se porter sur la politique intérieure mais que son effet sur la politique mondiale pourrait être transformationnel, en particulier s'il obtient un second mandat. Il n'a ne l’a pas remporté. Est-ce suffisant pour s'assurer que nous avons bel et bien tourné la page d'un accident historique ?

Joseph Nye : Si Trump avait été réélu, il aurait été très difficile de réparer les dommages causés au système international des institutions et des alliances multilatérales. Comme un ami européen me l'a dit, retenir son souffle pendant quatre ans est difficile, mais huit ans, c'est impossible. Joe Biden a toutefois promis de rejoindre l'accord de Paris sur le climat et l'Organisation mondiale de la santé, ainsi que de renforcer les alliances tendues des États-Unis. Cela est de bon augure mais il faudra du temps pour rétablir la confiance quand plus de 70 000 000 Américains ont voté Trump. Cela laisse à penser que le trumpisme lui survivra.

SAY : Dans votre livre Do Morals Matter ? Presidents and Foreign Policy from FDR to Trump, vous avez évalué les 14 présidents depuis 1945 et donné à Trump la note officielle « incomplet ». Quelle note lui donneriez-vous maintenant ? Quelles sont les politiques initiales qui permettraient à Biden de devenir un président du premier quartile ?

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