Miser sur Tokyo pour contenir Pékin

Miser sur Tokyo pour contenir Pékin

ABONNÉS • La politique de Joe Biden à l’égard de la Chine constitue l’un des principaux enjeux de sa présidence. Il hérite d’une relation sino-américaine dégradée – elle en est à son point le plus bas depuis 50 ans. Certains soulignent à juste titre la responsabilité de son prédécesseur, Donald Trump, pour avoir versé de l’huile sur le feu, mais ce sont les dirigeants chinois qui l’ont allumé et ensuite ravivé les flammes (paru dans SAY 4, 2e trim. 2021).

Au cours de la dernière décennie, les dirigeants chinois ont abandonné la politique modérée de Deng Xiaoping et sa devise, « Cachez vos forces, attendez votre heure ». Ils ont construit et militarisé des îles artificielles dans la mer de Chine méridionale ; ils ont lancé des incursions dans les eaux proches du Japon et de Taïwan, ainsi que le long de la frontière himalayenne avec l’Inde et ils ont riposté par des pressions économiques lorsque l’Australie a osé critiquer la Chine.

Sur le plan commercial, en subventionnant des entreprises publiques et en forçant les sociétés étrangères à transférer la propriété intellectuelle à des partenaires chinois, l’empire du Milieu n’a pas joué franc jeu. Trump a réagi maladroitement en imposant des droits de douane tout aussi bien à ses alliés qu’à la Chine, mais il a bénéficié d’un fort soutien intérieur, chez les démocrates aussi bien que les républicains, lorsqu’il a fermé la porte à des entreprises comme Huawei, dont les projets de réseau 5G constituaient une menace pour la sécurité.

La Chine avance ses pions

Pendant la guerre froide, les États-Unis et l’Union soviétique n’avaient en leur temps pratiquement aucune relation économique et ne dépendaient pas l’un de l’autre. En revanche, les échanges commerciaux entre les États-Unis et la Chine s’élèvent à quelque 500 milliards de dollars par an, et les échanges d’étudiants et de visiteurs entre eux sont massifs. Les deux pays restent interdépendants, tant sur le plan économique que sur les questions écologiques qui transcendent la relation bilatérale. Découpler complètement son économie de celle de la Chine aurait un coût énorme pour l’Amérique.

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