shutterstock_370633817 Contrôle de la qualité et assemblage des composants imprimés SMT sur carte à circuit imprimé dans le laboratoire QC de fabrication de BPC usine de haute technologie

Les secteurs à forte croissance dans la décennie post-covid

L'économie post-pandémique pourrait bien être définie par le retour d'une croissance robuste de la productivité globale après 15 ans de sclérose. Entre l’accès accru à de nouvelles technologies puissantes et des politiques fiscales agressives, les étoiles sont alignées pour une reprise rapide dans le monde entier.

Une reprise économique à plusieurs vitesses est en cours, reflétant les importantes variations d'un pays à l'autre dans la maîtrise du coronavirus ainsi que dans l'acquisition et l'administration des vaccins.

Les secteurs qui ont dû fermer leurs portes parce qu'ils ne pouvaient pas fonctionner sans une proximité humaine dangereuse vont maintenant (ou bientôt) rouvrir. Les entreprises qui ont survécu aux fermetures dues à la pandémie (souvent grâce au soutien de l’État) connaîtront une expansion rapide, alimentée par une forte demande autrefois refoulée. Les taux de croissance vont exploser pendant une période limitée avant de retomber à des niveaux normaux. Nous entrerons dans ce monde de l'après-récupération à partir de 2022 (même si cela arrivera plus tôt pour certains que pour d'autres).

Pour les investisseurs, les décideurs politiques, les entreprises et les ménages, une question majeure est de savoir si - et dans quelle mesure - nous allons revenir à des modèles de croissance similaire à ceux d’avant la pandémie. Assisterons-nous à une évolution vers un ensemble de dynamiques sensiblement différentes ?

Bien qu'il existe de nombreuses zones d'incertitude dans l'économie de l'après-reprise, certaines industries semblent prêtes à connaître une période de croissance extraordinairement rapide. Plus précisément, dans les secteurs combinant possibilités technologiques, capitaux disponibles et fort potentiel d’innovation, les conditions seront très favorables aux investissements et à la création de nouvelles entreprises.

Les nouveaux piliers de l’économie

Parmi les grands secteurs présentant le plus fort potentiel de croissance, mes trois principaux candidats sont l'application des technologies numériques à l'ensemble de l'économie, la science biomédicale (et ses applications), et les technologies qui permettent de relever les différents défis du développement durable, notamment ceux liés au changement climatique. Dans ce contexte, une croissance élevée ne signifie pas seulement une croissance sectorielle, mais aussi des niveaux élevés d'activité entrepreneuriale et d'innovation, pléthore de nouvelles entreprises à croissance rapide et d'importants afflux de capitaux assortis d’une espérance de fort taux de rendements.

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Ces domaines sont distincts mais se chevauchent, car ils sont définis davantage par la science et les technologies que par les résultats. Tous trois sont considérés comme des sources essentielles de résilience - pour les entreprises et pour la société dans son ensemble - et cette perception a été renforcée par la pandémie et la prise de conscience croissante des effets du changement climatique. Entre cette évolution des perspectives et l'adoption forcée des technologies numériques pendant la pandémie, on constate aujourd'hui une considération accrue de la nécessité de la numérisation et des opportunités qui en découlent, ce qui se traduit par une demande croissante de solutions technologiques.

Dans ces trois domaines, de nombreuses années de recherche et d'innovation ont donné naissance à de puissants outils scientifiques et à des technologies qui deviennent largement disponibles pour les entrepreneurs et les investisseurs. Dans le même temps, les écosystèmes techno-entrepreneuriaux, autrefois très concentrés, se sont étendus à l'échelle mondiale, donnant lieu à un réseau interconnecté d'investisseurs et d'entrepreneurs qui partagent leurs idées, transfèrent leurs technologies et s'adaptent aux conditions locales.

Dynamique mondiale

Les « licornes » autrefois associées à la Silicon Valley et à quelques autres pôles de haute technologie sont désormais de plus en plus nombreuses dans un large éventail de pays développés et à revenu intermédiaire, et dans des secteurs surprenants comme l’éducation. En bref, les systèmes qui libèrent le talent entrepreneurial prennent de plus en plus racine dans le monde.

Cela s’explique en partie par le fait que les gouvernements ont reconnu les opportunités offertes par ces secteurs et ont dûment intensifié leur action. Les programmes fiscaux issus de la pandémie ont été beaucoup plus agressifs que par le passé. Les investissements dans les infrastructures (y compris numériques), la science et la technologie se multiplient, non seulement aux États-Unis et en Chine, mais aussi en Europe. Cela a des répercussions dans les secteurs du numérique, du biomédical et des technologies vertes.

En outre, les décideurs politiques semblent comprendre qu’une demande insuffisante a des effets négatifs non seulement sur l’emploi, mais aussi sur les incitations à adopter de nouvelles technologies. La plupart des gouvernements sont donc désireux de s’assurer que l’économie fonctionne à plein régime sans que des vents contraires du côté de la demande ne viennent freiner la croissance et l’emploi.

Diffuser les solutions technologiques

De nouvelles technologies polyvalentes et puissantes sont en train d’être mises en ligne, et la pandémie a renforcé l’adoption et l’apprentissage dans des secteurs auparavant en retard. Il s’agit là d’un élément crucial, car la croissance de la productivité du point de vue global nécessite non seulement une disponibilité généralisée des technologies nécessaires, mais aussi leur large diffusion.

L’adoption du numérique par les petites et moyennes entreprises et les secteurs en retard est particulièrement importante. En Inde, une partie de la transformation numérique consiste à équiper de solutions technologiques des millions de petits commerces de détail et les chaînes d’approvisionnement correspondantes, plutôt que de laisser les grandes entités les balayer, ce qui pourrait entraîner des perturbations massives de l’emploi.

La répartition des revenus est un autre facteur clé pour la croissance de la productivité. Si les revenus supplémentaires continuent de profiter principalement aux personnes à hauts revenus et aux détenteurs de capitaux, cette répartition des bénéfices est mauvaise pour la demande, et donc pour les investissements des entreprises et la productivité.

Aux États-Unis au moins, les plans fiscaux du président Joe Biden – qui comprennent des investissements dans les infrastructures, des modifications de la fiscalité et une augmentation du salaire minimum – sont conçus pour rétablir les emplois intermédiaires et augmenter les revenus des ménages à revenu faible et moyen.

Comme l’indique une étude récente du McKinsey Global Institute, la transformation numérique pourrait contribuer à augmenter sensiblement la croissance de la productivité globale. Par exemple, l’innovation dans la prestation des soins de santé primaires (un secteur auparavant en retard) se manifestera probablement non seulement dans les données de productivité de ce secteur, mais aussi dans d’autres mesures importantes de la performance, notamment les résultats globaux en matière de santé et la qualité et la rapidité des soins.

Quant au programme de décarbonation, certains pourraient faire valoir qu’il aura un impact immédiat faible, voire légèrement négatif, sur la croissance et la productivité. Mais sur cette question, en particulier, il convient de tenir compte des horizons temporels pertinents. Quels que soient les effets à court terme d’un large programme d’investissements verts, l’objectif n’est pas d’augmenter la productivité à court ou même à moyen terme. Il s’agit plutôt d’éviter ou de réduire le risque d’un choc négatif massif sur la productivité (entre autres) à long terme. La valeur actuelle des investissements verts peut donc être très élevée même si l’impact sur les mesures de flux de productivité à court terme est faible.

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