Les banques centrales et le monde d’après

Les banques centrales et le monde d’après

ABONNÉS • En Europe et aux États-Unis, les banques centrales se donnent des objectifs politiques nouveaux : réduire les inégalités et lutter contre le changement climatique. Il serait préférable de modifier leurs missions plutôt que de les laisser décider seules de l’évolution de leurs tâches (paru dans SAY 4, 2e trim. 2021).

Il y a vingt ans, les banquiers centraux étaient fiers d’être tatillons et conservateurs. Ils se préoccupaient davantage du taux d’inflation que du citoyen moyen, et se donnaient beaucoup de mal pour être obsessionnellement répétitifs dans leurs discours publics. Pour citer Mervyn King, qui allait devenir gouverneur de la Banque d’Angleterre (BOE), ils avaient pour ambition d’être ennuyeux. La crise financière de 2008 a brusquement anéanti tout cela. Les banquiers centraux se sont employés à développer de nouveaux instruments politiques pour lutter contre les menaces émergentes. Mais nombre d’entre eux rêvaient en secret du bon vieux temps où l’on prenait au sérieux la stabilité financière.

Les récentes annonces de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE) font désormais penser qu’il n’y aura pas de retour en arrière. Les deux banques veulent désormais s’ouvrir à la lutte contre les inégalités et le changement climatique. Or, s’il y a une ligne rouge dans la délimitation des responsabilités entre les élus et les non-élus, c’est bien que les choix de répartition et de redistribution, basés sur des concessions mutuelles, n’appartiennent qu’aux premiers.

Double mandat

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