Dix ans de bouleversements (1) Place du 14 janvier 2011 à Tunis. Date de la fuite du dictateur Ben Ali pour l'Arabie Saoudite.

Dix ans de bouleversements

ABONNÉS • Lorsque le vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s’est immolé par le feu à Sidi Bouzid en Tunisie, le 17 décembre 2020, il n’aurait jamais pu imaginer toutes les conséquences de son geste de désespoir. Il est devenu le symbole de la plus profonde transformation connue par la région depuis la décolonisation (paru dans SAY 4, 2e trim. 2021).

Le printemps arabe, il y a dix ans, a mis en lumière la fragilité innée d’un grand nombre des États concernés. Si certains de leurs dirigeants sont parvenus à s’accrocher au pouvoir, leur faible légitimité, souvent basée sur des élections factices, les rend extrêmement vulnérables, notamment face au sentiment tribaliste et islamiste. Les monarchies arabes qui tirent leur légitimité de sources principalement religieuses s’en sont beaucoup mieux sorties que les républiques pseudoprésidentielles.

La révolution de jasmin, d’abord survenue en Tunisie – conduisant à l’éviction de son président de longue date, Ben Ali – a rapidement gagné les autres pays arabes avec les mêmes effets. En Syrie, Bachar el-Assad est parvenu à conserver le pouvoir – au prix d’une plongée du pays dans une terrible guerre civile. Conflit qui a replacé la Syrie sous l’influence russe, et fait de ce territoire un champ de bataille entre Iraniens et Israéliens.

La révolution yéménite a évolué en guerre civile brutale entre le gouvernement central et les rebelles houthis soutenus par l’Iran. L’intervention de l’Arabie saoudite contre les Houthis, a transformé le Yémen en territoire de guerre par procuration contre l’Iran, avec pour conséquence la pire catastrophe humanitaire de la planète.

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