Le défi de la mode durable - icono 1 © Thouron - Godart/Casterman 2021

Le défi de la mode durable

Une dessinatrice et un sociologue se prennent la tête pour comprendre la mode dans tous ses paradoxes. Entre amour, frustrations et défis éthiques plus qu’indispensables à relever aujourd’hui, une enquête, un voyage dans le temps et l’espace pour appréhender une industrie créative complexe. Tout savoir sur la tendance claquettes-chaussettes, la manière dont Platon et Aristote pensaient la mode, la garde-robe de Marie-Antoinette, la mode éco-responsable…
(paru dans SAY 5, 3e trim. 2021)

On entend souvent dire que la mode est la « deuxième industrie la plus polluante au monde ». Même si ce fait a depuis longtemps été discrédité, il n’en demeure pas moins que la mode a un impact très négatif sur l’environnement, et en particulier la mode dite « rapide » qui propose des produits à bas coûts, qui sont souvent jetés avant même d’avoir servi ou d’être usés. 

La mode est la matrice de l’obsolescence programmée, cette tare du capitalisme moderne qui fait que des produits réparables et utilisables sont mis au rebut ou détruits car, par exemple, ils ne correspondent plus au goût du jour ou à des évolutions technologiques parfois mineures (pensons aux téléphones portables que nous sommes invités à changer chaque année). Il s’agit de créer une croissance artificielle de l’économie en produisant toujours plus. L’impact sur l’environnement (par exemple la pollution des rivières avec des colorants…) est une façon pour les entreprises de mode d’externaliser une partie de leurs coûts sur la collectivité.

Bien sûr, les consommateurs et consommatrices ont leur part de responsabilité : les produits à bas coût existent car il y a une demande. Ces défis environnementaux de la mode sont aussi associés à des défis sociaux : des ouvrières et ouvriers sous-payés perdent (littéralement) leur vie pour permettre aux marques de mode de réduire leurs coûts et maintenir leur productivité. Le Rana Plaza, un immeuble situé à Dacca au Bangladesh abritant des ateliers de confection pour certaines grandes marques de mode, s’est effondré du fait d’un mauvais entretien le 24 avril 2013 causant la mort de 1135 personnes.

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