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La science peut profiter de la nouvelle course à la Lune

Quel peut être l’intérêt de retourner sur la Lune 50 ans après les missions Apollo ? Une nouvelle course s’est engagée, « quoi qu’il en coûte», principalement motivée par des considérations géostratégiques. Tout comme Armstrong en son temps, le prochain homme ou la prochaine femme qui foulera la surface de la Lune, taïkonaute ou employée d’une Gafam, pourra tout de même apporter à la science un peu de grain à moudre, espère l’astronome David Mimoun.

Jeudi 3 décembre 2020, vers 16:30 environ (heure française), l’étage supérieur de la sonde chinoise Chang’E 5 a redécollé de la Lune, emportant avec lui les échantillons de sol lunaire qu’elle avait prélevé dans la zone de l’océan des Tempêtes. La montée vers l’orbite lunaire a pris environ une demi-heure, à l’issue de laquelle le module de montée a effectué un rendez-vous orbital avec le module de service qui devait ramener les roches sur Terre.

Cette manœuvre difficile, effectuée uniquement par les vaisseaux Apollo et les sondes russes dans les années 1970, n’a pas été retransmise en direct, comme dans les grands shows américains de la NASA (Il ne faut jamais oublier que le Jet Propulsion Laboratory, le fer de lance de l’exploration planétaire américaine, n’est situé qu’à quelques kilomètres des studios d’Hollywood). À peine a-t-on pu récupérer, par quelques blogueurs surveillant les forums Weibo, les images du site d’alunissage, puis les vidéos des rendez-vous en orbite. Ce premier retour d’échantillons lunaires effectué par l’Agence Nationale Spatiale Chinoise (CNSA) suit une série de missions (logiquement appelées Chang’E 1, 2 ... jusqu’à 8) visant au développement systématique des technologies de l’exploration spatiale, avec comme objectif affiché de faire de la Chine un partenaire incontournable de l’exploration et des sciences spatiales.

Ce programme très méthodique de maîtrise des technologies, lancé dans les années 2000 (Chang’E 1 a effectué ses premières révolutions lunaires en 2007) a servi d’aiguillon à toute la communauté spatiale internationale, que ce soit les voisins indiens, avec les missions Chandrayaan (qui n’ont pas réussi l’alunissage de leur Rover) où même les Israéliens, avec la mission Bereshit (financée presque entièrement sur fonds privés) qui étaient également très proches du succès.

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