shutterstock_1701533596_OK La Seine à Paris lors de la crue remarquable de 2018.

La pensée écologique structure les politiques publiques

L’urgence climatique est une évidence. Insérer la primauté de la protection de l’environnement et de la biodiversité dans l’article 1 de la Constitution est une priorité. Il faut privilégier l’économie de proximité, circulaire, qui doit être également sociale et solidaire. Et la Conférence Citoyenne du Climat a ouvert une voie très ambitieuse. 
(paru dans SAY 5, 3e trim. 2021)

La défense de l’environnement et l’action politique en faveur de l’écologie sont une évidence. Il y a urgence à écarter les menaces qui pèsent sur nos conditions de vie sur terre – dérèglement climatique, destruction de la biodiversité, accroissement des inégalités sociales. Affirmer ceci n’est pas tomber dans « l’écologisme », qui serait, soi-disant, un danger pour la démocratie et les libertés. C’est l’inverse. Il est scientifiquement établi que l’élévation de la température moyenne à la surface du globe cause des dommages considérables partout dans le monde, y compris en France : multiplication de phénomènes météo atypiques, qualité de l’air en baisse, effondrement de la biodiversité, remontée des essences végétales vers le Nord, productions, agricultures dévastées par des sécheresses à répétition ou des précipitations trop violentes… Notre pays n’est pas épargné. Nier le dérèglement climatique, c’est nier les travaux du GIEC, c’est nier l’évidence scientifique.

Une pensée politique écologique

Il existe une pensée politique écologiste, une pensée qui structure les politiques publiques, de façon responsable. Nous devons prendre nos responsabilités face à l’urgence climatique. Les échéances sont très courtes et l’ampleur des transformations à réaliser gigantesque. Tout est à modifier profondément : nos modes de vie, notre régime alimentaire, notre utilisation de l’énergie, nos méthodes agricoles, nos consommations… Sans imaginer que des technologies pourraient nous permettre de faire l’économie de ces modifications. Un exemple, les déchets : nous en recyclons une partie ; c’est bien, mais pas suffisant. La meilleure façon de recycler les déchets, c’est de ne pas en produire.

Engager cette transformation n’est pas, selon moi, faire de la décroissance, mais une autre forme de croissance. Choisir la sobriété tant qu’il en est encore temps, plutôt que d’attendre d’avoir à la subir. C’est réalisable. Beaucoup de personnalités politiques parlent d’écologie, sans mettre en cause un système destructeur. Ils invoquent la croissance, le progrès. Mais est-ce que tout progrès est une amélioration pour l’humanité ? Pas sûr ! Et toutes les technologies, gages d’amélioration pour l’humanité ? Encore moins sûr ! Défendre un monde plus économe, avec moins de possessions matérielles, plus de lien social, plus d’égalité et de redistribution, produire et consommer pas seulement moins, mais mieux, en privilégiant l’économie de proximité, circulaire, sociale et solidaire, accélérer les initiatives en faveur de la transition énergétique, faire chuter drastiquement la combustion des énergies fossiles, donc modifier nos filières de production, nos modes de transport : réduire la place de la voiture individuelle, favoriser le recours au transport collectif et, pour les usages incompressibles de la voiture, le co-voiturage et l’autopartage de véhicules électriques… ; c’est une question de responsabilité politique et individuelle.

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