shutterstock_528542971_OK Le pétrolier Rosneft a découvert en 2014 l'un des plus grands gisements de pétrole du monde dans les eaux glacées de l'Arctique.

La géopolitique du changement climatique

Un changement climatique non maîtrisé alimenterait de nouvelles vagues de migration et augmenterait considérablement la fréquence et l’intensité des conflits pour l’eau, les terres arables et les ressources naturelles. Comme pour toute transition de grande ampleur, les changements à venir nuiront à certains et profiteront à d’autres, créant des tensions au sein des pays et entre eux. Nous ne pouvons pas rester aveugles à ces effets géopolitiques.
(paru dans SAY 5, 3e trim. 2021)

L’Union européenne est en train de devenir le pionnier mondial en matière de climat. Tout récemment, les législateurs et les gouvernements européens se sont mis d’accord sur la loi européenne sur le climat, qui ancre notre objectif de neutralité climatique dans la loi. Avec le Green Deal comme stratégie de croissance et notre objectif de réduction des émissions d’au moins 55 % en 2030, l’UE est en bonne voie pour atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. Mais l’Europe n’est pas seule : une masse critique se développe à l’échelle mondiale alors que de plus en plus de pays renforcent leurs engagements en matière de décarbonation.

Les récentes réunions avec John Kerry, l’envoyé spécial du président américain pour le climat, ont confirmé que l’UE et les États-Unis travaillent à nouveau en étroite collaboration pour mobiliser une coalition internationale autour de l’objectif d’une augmentation substantielle des ambitions climatiques pour le sommet des Nations unies sur le climat (COP26) qui se tiendra en novembre à Glasgow.

La transition d’une économie basée sur les hydrocarbures vers une économie durable fondée sur les énergies renouvelables entraînera un déplacement du pouvoir de ceux qui contrôlent et exportent les combustibles fossiles vers ceux qui maîtrisent les technologies vertes du futur. Par exemple, l’abandon progressif des combustibles fossiles améliorera considérablement la position stratégique de l’UE, notamment en réduisant sa dépendance à l’égard des importations d’énergie. En 2019, 87 % de notre pétrole et 74 % de notre gaz provenaient de l’étranger, ce qui nous a obligés à importer pour plus de 320 milliards d’euros (386 milliards de dollars) de produits à base de combustibles fossiles cette année-là.

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