L’Europe doit devenir une puissance climatique mondiale (1) 30 janvier 2020. Le président de la Banque européenne d'investissement (BEI), Werner Hoyer, prend la parole lors de la conférence de presse annuelle de la BEI.

L’Europe doit devenir une puissance climatique mondiale

ABONNÉS • L’urgence de la crise climatique exige que l’Union européenne transforme son programme climatique en stratégie de politique étrangère. En déployant les outils dont elle dispose, l’Europe peut conduire le reste du monde vers l’avenir plus durable que dessine l’accord de Paris (paru dans SAY 4, 2e trim. 2021).

Le monde suit avec attention le déploiement des vaccins contre la Covid-19 et attend avec impatience le retour à la normale après une année de confinement. Il n’y aura en revanche jamais de vaccin pour l’autre menace qui pèse sur l’humanité : le changement climatique.

Les images apocalyptiques des incendies de forêt en Californie et des inondations dévastatrices au Bangladesh sont les signes avant-coureurs de ce qui nous attend si nous ne parvenons pas à faire face à l’urgence climatique. Si nous ne prenons pas de mesures drastiques, ces catastrophes seront de plus en plus fréquentes et de plus en plus destructrices. En outre, le changement climatique est l’un des plus grands défis géopolitiques auxquels nous ayons été confrontés. Il multiplie les conflits, alimente l’instabilité sociopolitique, crée des pressions migratoires, aggrave les injustices mondiales et met en péril les droits humains et la paix, en particulier dans les États les plus fragiles.

Décarboner les économies

Les climatologues ont clairement indiqué que pour limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5 °C en moyenne par rapport aux niveaux préindustriels – l’objectif de l’accord de Paris – le monde ne peut émettre que 580 gigatonnes de dioxyde de carbone supplémentaires. C’est là notre budget carbone – pour toujours. Au rythme actuel de nos émissions, qui est d’environ 37 gigatonnes par an au plan mondial, nous aurons épuisé notre budget d’ici 2035. Nous devons donc décarboner nos économies sans retard. Comme le climat s’est déjà réchauffé de 1,1 °C – cette hausse étant encore plus élevée dans de nombreuses régions –, la prochaine décennie représente notre dernière chance de régler le problème.

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