L'Europe doit apprendre à parler la langue du pouvoir - Borrell Le Berlaymont, siège de la Commission européenne à Bruxelles, comprend 933 salles de réunions pour 2700 occupants.

L'Europe doit apprendre à parler la langue du pouvoir

En 2020, les habitants du monde entier ont connu une vie au ralenti en dépit de l'accélération des développements politiques. La gestion de la crise de la Covid-19 a été un défi pour l'Union européenne. Pourtant, en dépit de nombreuses critiques, les Européens se sont non seulement serrés les coudes, mais ont co-évolué, formant ainsi un ensemble plus solidaire. La coopération mondiale devrait faire un retour en force en 2021. L'Union européenne devrait continuer à poursuivre une autonomie stratégique afin de pouvoir protéger ses citoyens et ses intérêts dans les années et les décennies à venir.

2020 a marqué un tournant. En fait, le monde a connu plusieurs changements importants depuis plusieurs années, notamment une méfiance croissante du public, une politique identitaire et de polarisation, une faible croissance économique, une augmentation de la dette et une accentuation des inégalités. Nous avons assisté à la militarisation de l'interdépendance. Le commerce, la technologie, l'investissement, le tourisme et d'autres secteurs autrefois propices à une coopération renforcée sont devenus des instruments de pouvoir et des domaines de concurrence intense.

C'est la vue d'ensemble que nous, les dirigeants de l'UE, avons eu lorsque nous avons pris nos fonctions en décembre 2019, juste avant que les conditions ne deviennent bien plus difficiles. Pour les Européens, il semblait que tout ce qui nous était cher était remis en question, qu'il s'agisse de la coopération multilatérale, de la solidarité entre les pays, les générations et les individus, ou même du respect fondamental des faits et de la science. Outre plusieurs crises qui couvent dans le voisinage de l'UE et l'escalade des tensions sino-américaines, nous avons soudainement été confrontés à la Covid-19, qui a aggravé tous les autres défis à long terme de l'Europe.

Le stress test de la pandémie

On ne peut nier que l'UE a connu beaucoup de difficultés au début de la pandémie. Nous étions mal préparés et de nombreux États membres étaient initialement enclins à laisser chacun se débrouiller seul. Toutefois, de véritables actes de solidarité ont rapidement suivi. De nombreux pays ont pris en charge des patients en provenance des pays qui en avaient le plus besoin et leur ont envoyé du matériel d'urgence. Les mesures prises au niveau de l'Union européenne ont ensuite été mises en œuvre. La Banque centrale européenne a fourni des liquidités massives et la Commission européenne a autorisé les États membres à enregistrer d'importants déficits pour soutenir leur économie.

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