Grégoire

« L’économie responsable insuffle de la cohésion sociale en défendant l’environnement »

ABONNÉS • La transition environnementale où l’Europe s’engage doit se doubler de mesures d’accompagnement social et de gouvernance. Ainsi, de la pollinisation des entreprises par les valeurs sociales et solidaires, naît une nouvelle économie : l’économie responsable. (paru dans SAY 3, 1er trimestre 2021) 

SAY. La crise de la Covid-19 a provoqué, en Europe, une mobilisation politique en faveur de l’environnement. Elle fait pendant à la vague de la finance verte et de l’engagement des entreprises, qui gonfle, d’une crise à l’autre, depuis plusieurs décennies. Peut-on parler d’une convergence avec les associations et les coopératives de l’économie sociale et solidaire (ESS) ?

Olivia Grégoire. Oui.Ou plutôt d’une pollinisation. Le monde de l’ESS est extrêmement divers, avec des collectifs de toutes tailles et formes juridiques, dans tous les métiers, mais il se fédère, il se définit même, par trois valeurs : un impact social et écologique positif, une gouvernance démocratique, une lucrativité limitée. Ce sont elles, précisément, que l’on retrouve de plus en plus souvent dans les entreprises, qu’elles se soient dotées d’une mission, après la loi Pacte, ou pas encore. La crise sanitaire ne fait que renforcer ce mouvement. La mort est entrée, hélas, brutalement, dans la vie de bien des Européens. Ce memento mori conduit chacun de nous à revenir à l’essentiel, à repenser ses priorités. En économie, cela prend la forme de ces valeurs fondamentales, qui nous engagent aussi politiquement. Il nous faut, simultanément, favoriser le développement de l’ESS et organiser la convergence dont vous parlez : faire naître, dans le sillage de la loi Pacte, une économie responsable qui concerne toutes les entreprises.

SAY. Faire baisser de 55% les émissions de carbone dans les dix années qui viennent entraînera le bouleversement de bien des activités. Or, nombreux déjà sont ceux qui pensent que la fin de l’urgence sanitaire ira de pair avec une explosion des mécontentements. La prééminence de la transition environnementale sur son pendant social et sur la gouvernance des entreprises ne pose-t-elle pas problème ? Autrement dit : craignez-vous un retour des Gilets Jaunes, peut-être au sein d’un mouvement plus vaste en Europe ?

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