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L'écologisme condamne la modernité

L’écologisme est une idéologie de l’écologie. Celle-ci est une science, qui a pour objet la Terre comme habitat du vivant en général et de l’espèce humaine en particulier. En tant que science, elle a pour fin de trouver les bonnes réponses aux questions que les humains peuvent se poser à propos de leur habitat. Ces réponses peuvent éclairer les citoyens et guider les responsables politiques.
(paru dans SAY 5, 3e trim. 2021)

Comme toute science, l’écologie est une recherche en cours, procédant par essais, échecs, tris, cumulations et consolidations. Tout écologue et chaque équipe d’écologues peut se tromper, mais la communauté des écologues est chargée du repérage et de la dénonciation des erreurs. Il demeure que personne n’en sait plus en matière écologique que les écologues, les équipes et la communauté mondiale des pairs. En conséquence, il est interdit de prendre argument de ce que le vrai n’est jamais que provisoire, pour écouter les ignorants et les imbéciles.

Une idéologie, du moins à l’époque moderne, s’empare d’un problème avec passion, en avance « la » solution et aspire à l’imposer au besoin par la force. L’écologisme s’inscrit précisément dans ce schéma. Il a, comme l’écologie, l’habitat terrestre pour objet de son attention et de ses soins. Il le considère comme gravement menacé par les humains et tient que la solution est dans l’arrêt et même le recul de l’exploitation des ressources terrestres. Ses tenants et ses militants sont animés par la passion de ce qu’ils tiennent pour le bien, sont obsédés par le projet de le réaliser au bénéfice de tous et sont disposés à recourir à tous moyens pour l’obtenir, les plus décisifs étant politiques. Bref, il s’agit d’assurer le bonheur des gens sans leur demander leur avis. Ainsi défini, l’écologisme prend rang parmi les expressions idéologiques les plus notoires de la modernité, comme le socialisme, le communisme, le libéralisme, le fascisme, le nazisme, le djihadisme… Sa solution du problème consistant, en substance, à condamner la modernité économique, technique et scientifique, il se range dans la classe réactionnaire de l’idéologie, diamétralement opposée à la classe progressiste. Comme toute idéologie, il est parfaitement configuré pour infliger aux humains des nuisances variées et des risques politiques.

Les nuisances ont pour foyer l’illusion passionnelle que le problème écologique admet comme une solution exclusive et connue. Il n’est pas nécessaire d’être écologue, pour admettre qu’un problème se pose déjà ou se posera demain. En effet, tôt ou tard, le système humain ouvert devait se heurter au système terrestre fermé. La modernisation, le développement économique et la croissance démographique ont accéléré brutalement la rencontre de l’ouverture et de la fermeture, d’autant plus vite que, par une illusion coupable, la nature a été tenue pour y contribuer gratuitement. Le problème est manifeste, mais ses expressions concrètes le sont beaucoup moins, en raison de la complexité immense tant de la nature que des choses humaines. Qui connaît les conséquences précises d’un réchauffement climatique moyen de 2 °C ou 4 °C sur la culture du blé, du riz, du manioc dans telle ou telle région définie, en fonction des capacités collectives à gérer les problèmes, compte tenu de la possibilité et du coût de l’irrigation, etc. ?

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