L'amérique a-t-elle perdu son âme 12 juillet 2019 : un père et sa fille tiennent une pancarte de protestation pour exiger la fermeture des camps de détention à la frontière américano-mexicaine.

L'Amérique a-t-elle perdu son âme ?

Malgré le mandat catastrophique de Trump, entre mensonges, ratés diplomatiques, mépris des institutions, de la réalité du réchauffement climatique, sa gestion scandaleuse de la pandémie de Covid-19, et tant d’autres calamités qu’on ne peut énumérer ici, Biden n’a remporté la présidentielle que par une assez faible marge. L'élection a anéanti les espoirs de tous ceux qui pensaient que les électeurs américains saisiraient l'occasion de répudier, de manière décisive, un président qui n'a fait preuve d'aucun souci éthique.

Mon jugement selon lequel Trump est indifférent à l'éthique n'est pas l'expression de mon désaccord avec ses opinions. En 2004, j'ai publié The President of Good and Evil : The Ethics of George W. Bush, qui explique où et pourquoi je suis en désaccord avec les vues de Bush sur l'équité de la politique fiscale, l'avortement et l'utilisation d'embryons humains dans la recherche médicale, la place de la foi dans la vie politique, ses décisions d'entrer en guerre contre l'Afghanistan et l'Irak, etc. Beaucoup de mes amis m'ont demandé si je souhaitais écrire un livre similaire sur Trump. J'ai répondu que, bien que je sois fortement en désaccord avec l'éthique de Bush, il avait néanmoins des points de vue éthiques qui méritaient d'être discutés. Ce n'est pas le cas de Trump.

Le premier discours national télévisé en prime time de Bush portait sur l'éthique de l'utilisation d'embryons humains pour créer des lignées de cellules souches pouvant conduire à des traitements pour des maladies autrement incurables. Il est inimaginable que Trump eut fait quelque chose de similaire. Le seul élément cohérent dans les opinions de Trump sur les questions éthiques controversées est qu'il soutient ce qui lui permet d’« arriver ». En 1999, alors qu'il étudiait la possibilité de devenir le candidat du parti réformateur à la présidence, il a déclaré sur Meet the Press : « Je suis en tout point partisan du choix », affirmant même qu'il n'interdirait pas les avortements au troisième trimestre. Ce n'est que lorsqu'il a été attiré par la possibilité de se présenter à la présidence sous le drapeau républicain qu'il a annoncé son opposition à l'avortement.

L’inconstance

De même, il faut considérer les questions de race. Même après le choc des attaques terroristes du 11 septembre 2001, Bush n'a jamais joué la carte raciale contre les musulmans. En revanche, lorsqu’en 2017 les suprémacistes blancs se sont ralliés à Charlottesville contre la décision du conseil municipal de déboulonner une statue du général confédéré Robert E. Lee, et qu'un participant a foncé avec sa voiture sur un groupe de contre-manifestants, tuant une femme, Trump a déclaré qu'il y avait des gens bien dans les deux camps. Plus récemment, au moment où la question raciale est devenue dominante à la suite du meurtre filmé de George Floyd, Afro-Américain, par un policier blanc. Trump n'a pas jugé opportun de profiter de sa position de président pour rassembler la nation afin de surmonter l'injustice raciale évidente. Il a préféré utiliser les protestations à des fins politiques en prétendant à tort que Biden voulait ainsi déstabiliser les forces de police.

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