John Stuart Mill (1806-1873) Le philosophe logicien et économiste John Stuart Mill (1806-1873), penseur libéral britannique précurseur du social-libéralisme.

Investissement, impact et barbarie après la Covid-19

Il n’a jamais été autant question que de « redonner du sens » à ce que l’on fait. Aujourd’hui rares sont ceux qui ne souhaitent ardemment une réforme du système économique et financier qui mette un terme aux trop grandes inégalités que les excès de ce même système auraient engendrées. Quelques puissent être les moyens employés, il semble grand temps de tourner le dos aux désastres qu’un ordre hâtivement jugé libéral ou néolibéral ont suscités. A l’orée du XXIesiècle, après les crises qui se sont succédées, depuis 2008 jusqu’à 2020, il est certain que la finance, au sens large, souffre de ce fait d’une image dégradée, quand elle ne fait pas l’objet d’une franche détestation.

Pourtant, cette défiance à l’égard de la sphère financière est paradoxale car elle est à la mesure des attentes légitimes qui se portent confusément sur elle. Car si ce qu’il convient d’appeler les « scandales financiers » se succèdent avec une certaine régularité, mettant en évidence des formes de démesure et des logiques qui semblent se nicher au cœur même d’un « système devenu fou », ils tendent à renforcer l’exaspération du corps social vis-à-vis de ceux qui sont tenus pour responsables de cette fonction essentielle à la communauté qu’est la gestion de l’épargne.

Et si cette exaspération est forte, quand elle n’est pas l’expression d’une idéologie caricaturale, c’est que le sentiment d’une dignité particulière qui s’attache à la mission, et donc à la vocation, de l’investisseur demeure présent à l’esprit du grand nombre. Plus encore, cette responsabilité de l’investisseur est perçue comme d’autant plus grande que le pouvoir de la sphère financière n’a cessé de s’accroître à la faveur des bouleversements technologiques et réglementaires qui ont affecté le monde ces dernières décennies.

Si la figure de l’investisseur est si centrale, c’est que l’acte d’investir, ou de prêter, est au cœur de la dynamique économique puisque c’est par lui que le capital et le travail se rencontrent et s’articulent. En effet, c’est en permettant l’allocation d’une épargne, produite en particulier par le travail et non consommée par le travailleur-épargnant, que l’investisseur permet l’emploi du capital au service du travail, et donc de l’homme dont le travail fonde la dignité.

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