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De l’intention à l’action à la COP26

Les preuves de la catastrophe qui nous attend si nous ne faisons pas face au changement climatique continuent de s’accumuler. Les récentes inondations dévastatrices en Asie et en Europe occidentale, les températures record en Amérique du Nord et les incendies de forêt qui font rage dans le sud de l’Europe nous rappellent qu’aucun pays n’est à l’abri. L’avenir de chacun d’entre eux dépend des actions de tous.

Les perspectives scientifiques sont sombres. En mai, l’Organisation météorologique mondiale a averti qu’il y avait 40 % de chances que la température mondiale moyenne annuelle dépasse de 1,5 ° Celsius les niveaux préindustriels, au moins temporairement, au cours des cinq prochaines années – et les probabilités continuent d’augmenter. Cela pourrait déclencher des points de basculement potentiellement désastreux.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat met actuellement la dernière main à son prochain grand rapport sur le changement climatique, qui sera publié avant la 26e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) à Glasgow. Chaque rapport successif du GIEC a été plus sévère que le précédent, et il n’y a aucune raison de penser que le prochain rompra ce schéma.

Après tout, le monde n’est pas sur la bonne voie pour atteindre l’objectif de l’accord de Paris sur le climat, à savoir limiter l’augmentation de la température mondiale à 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels – sans parler de l’objectif « idéal » de 1,5 °C – d’ici la fin du siècle. Au contraire, comme l’a montré la publication préliminaire du rapport de synthèse de toutes les contributions déterminées au niveau national (CDN) en février dernier, nous nous dirigeons vers une augmentation de 3 °C, voire plus, d’ici 2100.

Respecter la feuille de route

Pourtant, tout espoir n’est pas perdu. Si nous nous rapprochons du point de non-retour, il n’est pas trop tard pour changer de cap et emprunter une voie plus durable qui nous permette d’éviter les pires conséquences du changement climatique. Et, dans l’accord de Paris sur le climat, nous disposons déjà d’une feuille de route complète.

Mais une carte qui n’est pas suivie ne signifie pas grand-chose. Pour que l’accord de Paris sur le climat nous conduise à la transformation nécessaire, tous les pays doivent coopérer à sa mise en œuvre. Cela signifie qu’ils doivent respecter leurs engagements individuels et s’efforcer de réduire les émissions de carbone de 45 % d’ici à 2030 (par rapport aux niveaux de 2010) et de parvenir à des émissions nettes nulles d’ici à 2050. C’est le calendrier recommandé par le GIEC pour rester sous le seuil de 1,5 °C. Cela implique également de poursuivre l’adaptation et de renforcer la résilience face aux futurs défis liés au climat.

C’est un défi de taille. Mais il y a des raisons de croire que le monde peut le remplir. Par exemple, les récentes sessions virtuelles des organes subsidiaires de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ont été encourageantes. Les délégués se sont engagés efficacement sur un large éventail de sujets cruciaux et, bien qu’un accord sur plusieurs questions clés soit resté hors de portée, des progrès ont été réalisés.

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Reconstruire en mieux

L’un des principaux enseignements de ces discussions est que, pour faire avancer l’agenda, une orientation politique est essentielle. Ce message a été transmis avec force lors de la réunion ministérielle récemment convoquée par le président désigné de la COP26, S.E. Alok Sharma. Des ministres et des représentants de haut niveau de pays appartenant à tous les groupes de négociation clé étaient présents.

Chaque COP a été importante. Mais l’escalade des défis environnementaux signifie que chacune d’entre elles a été plus importante que la précédente. La COP26 ne fait pas exception. Au contraire, étant donné l’impact dévastateur de la pandémie de Covid-19 sur les sociétés du monde entier et ses effets perturbateurs sur notre processus, les enjeux ont augmenté de manière exponentielle. Mais cette crise représente également une puissante opportunité de progrès, car les pays cherchent à « reconstruire en mieux ».

Le monde doit faire de la COP26 un succès. C’est notre seule chance de nous engager sur une voie qui nous maintiendrait sous le seuil de 1,5 °C. Il s’agit d’un test de crédibilité crucial pour la lutte mondiale contre le changement climatique. Si nous réussissons ce test, la confiance dans notre capacité collective à relever les défis sans frontières – tels que les pandémies – sera renforcée.

Les enjeux de la COP26

À cette fin, de nombreuses questions importantes doivent être résolues lors de la COP26. Mais quatre priorités se détachent.

Premièrement, les promesses passées doivent être tenues. Démontrer que les engagements pris jusqu’en 2020 ont été tenus est essentiel pour instaurer la confiance entre les pays. Il s’agit, par exemple, de l’objectif de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 pour aider les économies en développement dans la transition verte, et d’offrir un soutien sous forme de renforcement des capacités et de transfert de technologies.

Les pays développés ont mobilisé de vastes ressources pour soutenir leurs économies pendant la pandémie de Covid-19. Ils doivent faire preuve d’un niveau d’engagement similaire pour conduire la transition vers un avenir plus durable et plus résilient au changement climatique – et cela signifie qu’ils doivent s’assurer que leurs homologues en développement bénéficient du soutien nécessaire.

Deuxièmement, les désaccords en suspens sur le financement, la transparence, l’adaptation et la résilience, les pertes et dommages, ainsi que le soutien et les conseils techniques aux pays en développement doivent être résolus, afin que l’accord de Paris sur le climat puisse être pleinement mis en œuvre. La protection des personnes et de la planète est plus importante que tout désaccord technique, aussi complexe ou litigieux soit-il.

Troisièmement, les ambitions doivent être revues à la hausse. Les pays doivent s’engager à faire beaucoup plus dans les trois domaines clés de l’agenda climatique : atténuation, adaptation et financement. Le prochain rapport de synthèse sur les CDN, qui doit être remis avant la COP26, donnera une image plus complète des progrès réalisés jusqu’à présent, car il inclura davantage de grands émetteurs. Quelles que soient les conclusions de ce rapport, il ne fait aucun doute que des plans plus ambitieux et résolus, tant de la part des gouvernements que des entreprises, seront essentiels pour amener le monde sur la voie des 1,5 °C.

S’engager positivement

Enfin, aucune voix ne peut rester inaudible, et aucune proposition ne peut être ignorée. Pour faire face à une crise aussi profonde que le changement climatique, chacun a un rôle à jouer. C’est pourquoi une représentation équilibrée de toutes les régions et de tous les groupes est essentielle à la réussite de la COP26, les observateurs et les autres parties prenantes non membres du Parti, y compris les neuf groupes d’ONG, devant s’engager positivement dans le processus. Des initiatives telles que le partenariat de Marrakech pour l’action climatique mondiale et la campagne « Race to Zero » devraient apporter des contributions significatives à l’action climatique et promouvoir l’ambition climatique au niveau mondial.

En définitive, deux ou trois « grandes » annonces ne suffiront pas à assurer le succès de la COP26. Seul un ensemble équilibré de décisions et d’actions reflétant les attentes, les préoccupations et les besoins de toutes les parties prenantes – sans parler d’une ambition accrue – peut y parvenir.

C’est devenu un cliché de dire que les problèmes mondiaux nécessitent des solutions mondiales. Et pourtant, comme l’ont montré les crises récentes, cela ne pourrait être plus vrai. De la Covid-19 au changement climatique, personne n’est en sécurité tant que tout le monde ne l’est pas.

L’emballement du changement climatique n’est pas inévitable, mais si nous n’agissons pas rapidement, il le sera. Nous avons prouvé que nous étions capables de comprendre ses causes et d’élaborer une stratégie mondiale globale pour y faire face. Il appartient maintenant à nos gouvernements de diriger, à nos entreprises d’innover et à nos sociétés de se rassembler, au service d’une cause commune : la construction d’un avenir durable.

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