Créer la banque européenne du climat - Fayolle

Créer la banque européenne du climat

ABONNÉS • Cinq ans après les accords de Paris, la crise sanitaire est venue accélérer l’ambition en faveur du climat des programmes de financement européens. La banque européenne d’investissement (BEI), chargée de financer des priorités de politique publique de l’Union européenne, a donc aligné sa stratégie sur l’objectif de contenir l’élévation des températures mondiales à 1,5°C par rapport à 1990. En pleine crise de la Covid-19, la banque publique de développement se mue en « banque du climat » (paru dans SAY 3, 1er trim. 2021).

La Banque européenne d’investissement (BEI) a quatre objectifs prioritaires : l’environnement, les infrastructures, l’innovation et le financement des PME, via notamment sa filiale, le Fonds européen d’investissement (FEI). Chaque année, elle consacre près de 16 milliards d’euros au traitement des eaux, à l’isolation thermique des bâtiments, à la biodiversité, aux mobilités, aux sources d’énergie renouvelable, ce qui représente un quart de son activité annuelle, conformément à ses engagements pris lors de la COP 21. La BEI avait initié par ailleurs le marché des obligations vertes (green bonds) dès 2007, jouant un rôle de pionnier parmi les banques publiques multilatérales.

Une première grande réforme, menée dans le cadre du plan Juncker entre 2015 et 2020, a permis de mobiliser en cinq ans 500 Md€ de financement additionnel en faveur des investissements stratégiques en Europe. Mais l’urgence climatique invite à aller plus loin, en augmentant les capacités de financement et en améliorant la coordination au niveau européen. C’est l’ambition portée par la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à travers le Green Deal. La BEI a ainsi révisé sa politique de financement de l’énergie, en associant experts de l’institution, représentants des Etats membres, société civile et porteurs de projets. Cette nouvelle stratégie a forgé le premier pilier de la nouvelle stratégie climat de la banque. Les projets énergétiques qui recourent aux combustibles fossiles sans être assortis de dispositions de réduction des émissions ne peuvent plus être financés par la BEI. Un seuil, fixé à 250g de CO2 par KWh produit, permet de continuer à financer des projets de méthanisation ou de biogaz.

Feuille de route

Deuxième pilier, la “feuille de route de la banque du climat” vient d’être approuvée par le conseil d’administration de la BEI, en première lecture et à l’unanimité. Elle repose en particulier sur deux points. Tout d’abord, un engagement en volume pour augmenter de façon massive les investissements dédiés à l’action climatique et environnementale, et passer ainsi de 25 % minimum (dans les faits, environ 30 %) à l’heure actuelle à 50 % du volume de financements annuels à l’horizon 2025. A plan d’affaires stable, c’est une augmentation de 15-18 Md€ à 30 Md€ de financements annuels en faveur du climat et de l’environnement.

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