Churchill ou Roosevelt ? Le président Joe Biden lors d'un meeting en drive-in au Cellairis Amphitheatre d'Atlanta, le 27 octobre 2020.

Churchill ou Roosevelt ?

ABONNÉS • Joe Biden, jusqu’à présent, n’est pas un grand homme. Mais il est un homme politique hautement qualifié. Il a évolué quatre décennies dans la fosse aux lions de la politique de Washington et a été élu président à l’âge de 78 ans. Cela mérite peut-être d’être pris au sérieux (paru dans SAY 4, 2e trim. 2021).

Il n’a rien d’un brillant penseur ni d’un leader héroïque. Il n’a pas non plus beaucoup de charisme, ce qui est bienvenu après l’administration à grand spectacle sous Donald Trump. Si Biden a déjà eu une idée originale, il l’a bien dissimulée. La question est de savoir si les démocraties progressistes sont mieux gouvernées par des dirigeants très intelligents, ou par des dirigeants héroïques.

Les gens qui ont un penchant pour la révolution dédaignent souvent la démocratie progressiste à cause de son apparente médiocrité. Feu l’avocat français Jacques Vergès, qui défendait les terroristes politiques de gauche, a résumé cette attitude d’un trait : « Depuis mon enfance, j’ai toujours été attiré par la grandeur […] par l’idée du destin, pas par celle du bonheur. La notion de bonheur en Europe a été ternie par la social-démocratie ». On comprend ce qu’il entend par là.

Il y a quelque chose de médiocre dans le bonheur, à l’opposé de ce que les romantiques entendaient sous les termes Sturm und Drang, tempête et passion. Mais la « recherche du bonheur » est inscrite dans l’ADN de l’Amérique, cette notion consacrée par Thomas Jefferson dans la Déclaration d’indépendance. C’est peut-être la raison pour laquelle les révolutionnaires de droite comme de gauche nourrissent un tel mépris à l’égard des États-Unis.

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