Biden, l'Africain Timbre-poste du Malawi représentant une photo de Barack Obama, alors 44e président des États-Unis d'Amérique et de son vice-président Joe Biden.

Biden, l’Africain

Au cours des dernières décennies, les relations entre les États-Unis et l’Afrique ont été mutuellement décevantes. Les présidents des États-Unis, qu’ils soient républicains ou démocrates, ont traité le continent avec une douce insouciance bienveillante, si ce n’est avec un mépris total, et les États-Unis sans grande surprise se sont laissés distancer par la Chine, l’Inde et la France en matière de commerce global avec l’Afrique (paru dans SAY 4, 2e trim. 2021).

Bien que Barack Obama, le premier président noir des États-Unis, ait lancé une modeste initiative baptisée « Power Africa », on se souvient en général de ses quatre voyages sur le continent africain pour ses conférences sur « la bonne gouvernance ». Cette même administration a fermé les yeux face aux autocrates des pays qui hébergent des bases militaires américaines, puis a fait cause commune avec le président français Nicolas Sarkozy dans le cadre d’une intervention militaire malencontreuse et coûteuse en Libye. Les conséquences pour le Sahel et au-delà ont été catastrophiques.

Puis vint Donald Trump, qui n’a même pas daigné envisager de poser le pied en Afrique. Ses insultes racistes sur le continent (« des pays de merde ») n’ont fait que confirmer son mépris, et ne seront pas oubliées ni pardonnées de sitôt. Il est vrai que l’administration Trump a reconnu que la stabilité durable, la prospérité, l’indépendance et la sécurité en Afrique sont dans l’intérêt national des États-Unis. Mais ses promesses de faire progresser les relations sur le plan du commerce et des échanges, ou de lutter contre le terrorisme islamique, n’ont pas été suivies d’effets. Au lieu de cela, l’administration a transformé sa politique commerciale en arme en suspendant l’exemption de droits d’entrée pour certaines exportations africaines en vertu de la Loi sur le développement et les opportunités africaines (US African Growth and Opportunity Act, AGOA) en représailles contre les efforts du Rwanda qui tentait de protéger son industrie du vêtement.

Un nouveau partenariat

Aujourd’hui, l’arrivée de l’administration du président Joe Biden offre l’occasion de renouer les relations entre les États-Unis et l’Afrique. En général, l’élaboration d’une stratégie pour l’Afrique n’est pas une priorité absolue pour les nouveaux présidents américains. Dans le cas de Biden, ce dernier est entré en fonction à une époque de craintes mondiales accrues à l’égard de la Covid-19, d’incertitude économique constante et de profonds clivages géopolitiques. De son côté, l’Afrique souffre de ses pires résultats économiques depuis une génération, ce qui prépare le terrain pour une misère persistante, des troubles sociaux et des conflits violents à l’avenir.

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