Agir pour vacciner le monde 1 Campagne de vaccination aux Pays-Bas.

Agir pour vacciner le monde

Les pays de l’OCDE ne parviennent pas à mettre en place la coopération internationale nécessaire pour vaincre la pandémie. Or, il est urgent de convenir d’un plan financier pour soutenir la collaboration internationale dans la lutte contre la Covid-19. Et cette dernière commence par un accès équitable aux vaccins.
(paru dans SAY 5, 3e trim. 2021)

« Nul n’est en sécurité tant que tout le monde ne l’est pas » est le mantra qui définit l’ère Covid-19. Il traduit une vérité fondamentale. Face à un virus qui ne connaît pas de frontières, aucun pays n’est une île. Rien ne saurait remplacer la solidarité internationale. Le développement de vaccins sûrs et efficaces pour lutter contre la Covid-19 a été un triomphe scientifique. L’accélérateur d’accès aux outils Covid-19 (ACT-A), un partenariat unique entre l’Organisation mondiale de la santé et d’autres organisations, fournit un cadre multilatéral pour la coopération en matière de diagnostic, de traitements et de vaccins. Le dispositif d’accès mondial aux vaccins Covid-19 (Covax), pilier essentiel de ce partenariat, a jusqu’à présent fourni 40 millions de doses dans plus de 100 pays. Malgré ces réalisations, l’inégalité d’accès aux vaccins se creuse de jour en jour.

Les pays à revenu élevé, qui comptent 16 % de la population mondiale, représentent plus de la moitié des commandes de vaccins confirmées, soit environ 4,6 milliards de doses (de quoi vacciner leur population plusieurs fois). Avec une population deux fois plus nombreuse, les pays en développement les plus pauvres ont deux fois moins de commandes confirmées, et les capacités de l’Afrique subsaharienne couvrent moins de 1 % de la population. Alors que les pays riches vaccinent des groupes de populations plus jeunes et en meilleure condition, les professionnels de la santé du Mozambique, du Népal et de la Bolivie luttent contre la pandémie sans protection et y laissent leurs vies.

Éviter l’échec moral

Ce fossé vaccinal met en évidence une injustice flagrante. Alors que les pays du G7 sont en passe d’atteindre une couverture vaccinale de 70 % d’ici la fin 2021, certains pays pauvres n’atteindront ce niveau qu’en 2024 si la tendance actuelle se poursuit. Cette situation rappelle de manière inquiétante la réponse initiale à la crise du VIH, lorsque les régions en développement n’ont pas eu accès aux médicaments largement disponibles dans les pays riches. Ce retard de livraison a coûté quelque 12 millions de vies et constitue un échec moral catastrophique.

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